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Les différents types d'élèves

Posté le 28 mars 2026 par Fred.

Comme je l'avais fait pour les profs dans mon article Comment repérer un mauvais prof d'instrument ?, voici les profils types d'élèves, il s'agit bien sûr de clichés de comportement dans le sens où croiser une personne correspondant 100% à un de ces profils est assez rare et beaucoup de gens sont à cheval entre plusieurs profils, de plus la plupart des gens changent, évoluent et peuvent passer de profils à d'autres lentement ou subitement, c'est pourquoi en tant que prof il faut toujours s'armer de patience et de tolérance. 🧘

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Les deux grandes familles : L'élève cartésien et l'élève non cartésien.

Ce sont juste deux façons d'être ou vers lesquelles on tend et il n'y a pas de mieux ou de moins bien, voyez ces familles comme des tendances.

L'élève cartésien

L'élève cartésien est un élève qui va avoir tendance à plus aimer et être à l'aise à la lecture de partitions qu'à l'improvisation, il va aussi avoir tendance à vouloir jouer correctement les choses à bas tempo plutôt que vite et mal, il va également parfois traîner sur des exercices en croyant ne les faire pas assez bien.

En général le travail du prof va être de le pousser un peu plus vers l'improvisation, de l'inviter à jouer un peu plus vite et sortir doucement de son confort, de le rassurer sur son jeu en lui rappelant que d'autres exercices similaires vont suivre et que l'on n'atteint pas un super niveau en s'acharnant sur un exercice mais plutôt en faisant des exercices multiples qui vont lentement et sûrement le faire progresser et qui surtout les premières années n'ont pas besoin d'avoir un rendu 100% parfait.

L'élève non cartésien

L'élève non cartésien est beaucoup plus fréquent pour ce qui est des cours de guitare et de basse, c'est un élève qui va avoir tendance à préférer l'improvisation à la lecture de partitions, se focaliser plus sur la vitesse que sur le tempo et la propreté de jeu et parfois aussi vouloir passer les exercices vite pour arriver au prochain morceau.

Ici le travail du prof va principalement être d'empêcher l'élève de bâcler son travail et de ce fait mettre des bâtons dans les roues de sa propre progression, d'essayer gentiment de lui faire comprendre que ça sonnerait mieux si le tempo êtait mieux respecté, les rythmes plus précis et si on entendait pas 150 cordes à vide résonner par mesure... 😅 Et surtout de ne pas sous-estimer les exercices par rapport aux morceaux en apparence plus fun à jouer.

Notez que ces deux tendances sont ici un peu caricaturées pour mieux les distinguer mais que la plupart des gens ne tendent que très légèrement vers l'une ou l'autre.

Les profils types

L'ado hyper motivé / passionné

L'ado (euh bon un adolescent c'est 15-25 pour moi hein, on ne devient pas magiquement adulte avec le droit de vote et le permis de conduire, disons que ça accélère un peu le long processus) hyper passionné est contrairement à ce que l'on pourrait croire le plus difficile à gérer.

Il est très rare d'avoir en cours des ados motivés qui passent 100% de votre cursus à faire tout ce que vous leur conseillez pour progresser, en général ils vont osciller entre des périodes où ils vont être studieux et faire de gros progrès ce qui va leur faire atteindre un palier qui va en général leur donner envie de travailler des choses plus compliquées par eux-mêmes (parce que oui, un ado motivé c'est pressé) en dehors des cours sur divers supports, ce qui va (en plus de brûler les étapes en s'avançant sur ce qu'on allait faire plus tard après avoir acquis de bonnes bases et assis son niveau) contribuer à une baisse de progrès passagère dans le cours.

Le professeur doit dans ce cas être vigilant et rattraper l'élève au moment de sa chute post batifolage (stagnation) avec une bonne discussion le ramenant aux vraies études, celles qui font progresser sur le long terme. (oui c'est extrêmement difficile à faire au bon moment et sans passer pour un vieux con, voire impossible à faire à plusieurs reprises sur le long terme surtout si le niveau de maturité de l'ado n'évolue pas trop).

L'ado motivé va constamment être tiraillé entre travailler pour progresser via vos cours et succomber aux charmes des vidéos courtes avant tout faites pour faire des vues et expliquant une technique tape-à-l'œil en quelques secondes.

Passionné ou non, l'adolescent a souvent du mal à structurer/organiser son travail (ce qui est plutôt une qualité d'adulte), il passe du temps avec un instrument dans les mains mais parfois pas très studieusement.

Le conseil que j'essaie de donner comme il est de toute façon idiot et hors de question d'interdire à un élève de travailler/jouer autre chose que ce que nous voyons en cours (j'aurais même plutôt tendance à encourager un peu d'autonomie) est de partager le temps de travail de l'instrument en deux : tout d'abord travailler les cours qui font avancer et ensuite les "conneries d'internet" qui donnent satisfaction sur l'instant mais n'apportent pas grand chose sur le long terme, mais ce conseil n'est appliqué en général que quelques semaines.

Le professeur est lui même partagé entre essayer de faire comprendre à l'ado que c'est le cursus long qui va le sauver et pas des conseils à l'emporte-pièce sur une vidéo et juste laisser l'ado être un ado c'est à dire ce passage souvent subit entre la vie d'enfant et la vie d'adulte.

Bien souvent les oscillations entre les périodes studieuses et d'amusement sur l'instrument provoquent un décrochage et un arrêt des cours et il peut arriver de recroiser certains anciens élèves qui étaient pourtant doués et motivés à l'époque ayant complètement arrété l'instrument ou plus rarement étant devenus à leur tour profs ou musiciens pro vous disant que vous êtes le meilleur prof qu'ils aient croisé tout en n'ayant fait que 15% de votre cursus. Un mélange de sensation de fierté et de gâchis, mais bon, c'est la vie !

Un profil similaire existe pour les pré-ados (9-12) avec des élèves super passionnés par l'instrument dont la plupart décrochent entre 12 et 14 ans (besoin d'être constamment avec les copains via des sorties, sport, jeux en ligne, de commencer à se détacher des parents et de rompre avec l'enfance auquel l'instrument est fatalement associé si ils ont commencé tôt et donc ringuardisé).

On a parfois des élèves qui reprennent les cours à l'âge adulte dès qu'ils ont une vie plus stable.

Comme je le disais au début, il est très rare d'avoir des adolescents qui travaillent de façon stable tout au long d'un cursus, même quand cela arrive, les cours peuvent être stoppés pour raisons d'études ou un besoin de changement, de marquer une coupure avec la vie d'avant en faisant des choses complètement différentes.

Le souleveur de fonte

Le souleveur de fonte est un élève qui va utiliser les cours comme on utilise une salle de musculation : Il va être très studieux avec vous pendant le cours mais avoir un travail quasi-nul durant la semaine. Le souleveur de fonte est en général un adulte.

Il y a deux types principaux de souleveurs de fonte :

- Le souleveur de fonte conscient : Il est conscient de la situation mais ne peut pas faire autrement (travail & emploi du temps prenants) ou il assume parfaitement sa flemme, en général les cours avec lui sont agréables même si on n'avance pas très vite ce qu'il ne va pas vous reprocher.

- Le souleveur de fonte aggressif : Par une construction mentale super bizarre il estime qu'il n'a pas à travailler en dehors des cours, que les cours doivent avancer vite alors qu'il ne fournit pas de travail entre les séances, il s'énerve vite car il n'arrive pas à faire quelque chose qu'il n'a pas travaillé, il estime qu'à chaque cours il doit avoir de nouvelles infos qu'il ait travaillé entre deux ou non, pour lui tout sera la faute du prof, c'est le genre de personne à chronométrer la durée du cours pour ensuite pouvoir râler.
En général ce genre d'élève mauvais pour la santé du prof arrête les cours très vite, une petite poignée d'entre eux peut toutefois changer d'attitude et de point de vue au fil des discussions sur le sujet donc il faut toujours garder espoir.

Le capteur d'ondes

Le capteur d'ondes est un élève qui semble penser pouvoir apprendre un instrument par capilarité c'est à dire juste en étant dans la pièce avec vous, en général il va préférer les discussions sur la musique, raffoler de vos anecdotes de musicien ou aimer vous regarder jouer plutôt que de travailler son instrument lors des cours, c'est parfois aussi le genre d'élève qui va chercher à se mettre en valeur auprès d'autres personnes avec des "mon prof a fait ci", "mon prof a fait ça" plutôt que de jouer devant eux.

C'est le cas de beaucoup d'adolescents à cause de cette déformation venant du déroulement des cours de l'éducation nationale :
Lors d'un cours collectif plusieurs élèves peuvent ne pas travailler et se mettre en mode spectateur du cours, or le prof d'un cours collectif se doit de continuer à faire avancer le cours pour les élèves qui restent eux acteurs, même dans le cas d'une classe entière qui fait juste acte de présence, l'enseignant doit avancer dans son programme et donner l'impression qu'il se passe quelque chose pendant le cours, c'est ce que j'ai appelé la gesticulation ou que l'on pourrait aussi appeler le spectacle.

Lors d'un cours d'instrument individuel l'élève capteur d'ondes va s'attendre à ce que le cours soit un spectacle, que le professeur gesticule et lui permette d'être dans son confort habituel de spectateur or pour progresser un élève doit être acteur du cours de par son travail et le pouvoir magique que possède un prof de cours individuels par rapport à un prof de cours collectifs c'est qu'il peut (et doit) croiser les bras en attendant que l'élève fournisse quelque chose, c'est-à-dire mettre l'élève en position d'acteur pour qu'il puisse progresser.

Ce décalage entre ce que l'élève capteur d'ondes attend d'un cours et la réalité d'un cours individuel peut donner lieu à des discussions saugrenues avec les parents :
- "Il/elle dit que vous ne faites/dites rien pendant le cours" (pas de spectacle, de gesticulations)
- "J'attends simplement que le travail soit fait, dans un cours individuel, rien ne peut se passer si l'élève ne bosse pas" (souvent on attend d'ailleurs que soit fait pendant le cours le travail qui aurait dû être fait durant la semaine)
- Pikachu surpris😲

On peut quelquefois croiser le chemin d'élèves adultes capteurs d'ondes dont certains sont profs à l'éducation nationale (le plus souvent en primaire et collège) ce qui est toujours surprenant.

Le réfractaire

Le réfractaire est un élève qui va se plaindre à chaque nouvel exercice ou morceau, il y a :

- Le réfractaire mignon qui va lancer des "oh c'est dur !", "c'est difficile tout-de-même !" et à chaque fois revenir la semaine suivante en sachant jouer correctement ce qu'on lui demande. 😂

- Le réfractaire hardcore est une sorte d'anti-prof et anti-progression qui s'ignore, à chaque fois que vous lui trouvez un exercice dédié pour solutionner un problème il va trouver une excuse pour ne pas le faire, "je me suis blessé à la main en 1886", "ah oui mais moi je ne peux pas faire ça" (sans même prendre la peine d'essayer), "ah oui mais moi mes mains sont trop petites/grandes", etc. En général il s'acharne sur des passages de morceaux qu'il n'arrive pas à faire tout en boudant les exercices, conseils et astuces que vous lui avez donnés pour mieux arriver à jouer ces passages.
Le réfractaire hardcore vous vide complètement de votre énergie lors de journées chargées.

L'empereur du néant

L'empereur du néant est un profil qui ne s'abaisse que très rarement à prendre des cours, il a par exemple passé des années de travail à apprendre mal seul ou avec des méthodes sans prof ou avec des mauvais profs, il est absolument certain de savoir comment doit se passer un cours et vous regarde toujours d'un air dubitatif, se vexe très vite si on lui fait travailler des comptines ou des morceaux réputés faciles ou quand on lui corrige ses doigtés sur des accords de base surtout s'il constate qu'il n'arrive pas à les jouer correctement, il voudrait que le prof passe des pages, saute des étapes pour le mettre au saint niveau qu'il croit avoir, il a un coté psycho-rigide et est limite scandalisé quand on contredit ce qu'il a appris dans des méthodes à deux balles.

C'est ce genre de profil qui peut passer son temps sur internet à conseiller à des débutants de se débrouiller seuls plutôt que d'aller voir un prof.
Son niveau de grosse-tête est souvent proportionnel à son niveau d'ignorance, il ne change pas au fil des cours et finit par arrêter assez vite, de toute façon il ne vous fait aucune confiance et n'applique pas vos conseils donc les cours avec lui ne servent pas à grand chose.

Le "je joue au feeling"

Le "je joue au feeling" prend également rarement des cours, il fait tout à l'arrache : les notes, les rythmes, les doigtés, tout... Il a en général une incapacité à se rendre compte de la montagne de travail qui le sépare de ses idoles, passe beaucoup de temps à lire des interviews de super musiciens pour trouver des citations ou éléments qui vont dans un sens anti-prof, anti-scolaire, anti-lecture de partitions et se conforter dans son culte du "je vais y arriver tout seul".

Il a tendance à penser que tout doit venir tout seul, du ciel, sans efforts (culte du don) et que travailler studieusement ne sert à rien. (bon quelquefois c'est juste un gros flemmard qui se trouve des excuses hein ! )

En général il compense son anti-connaissance de l'instrument par une vénération exagérée du matériel, amplis à lampes, vieilles guitares de collection...
Son attitude peut parfois être due à des cours qu'il a pris plus tôt devenus trop vite trop techniques ou théoriques pour lui car mal construits.
Quand il fait tout-de-même l'effort de prendre des cours il a une tendance à bouder certains exercices jugés "chiants" ce qui donne quasi-systématiquement un blocage dans sa progression quelques mois plus tard.

Le jeune (ou aspirant) musicien pro

Si l'ado super motivé est le plus dur à gérer, le jeune adulte avec des aspirations de musicien professionnel est souvent le plus décevant, en général il est "matrixé" par les centres de formations au cursus court (d'ailleurs beaucoup sont incapables de prendre des cours au cursus long après ces centres ce qui les handicape par la suite), des idées débiles comme "percer" ou jouer dans telle salle de concert archi-connue avant tel âge, une obsession sur l'obtention du statut d'intermittent du spectacle, on dirait vraiment que tout dans ses projets est chronométré (gros stress pour tout obtenir vite, un statut, des "skills", des connaissances et une maîtrise, mais aussi du matériel) et surtout sur un temps très court par rapport à une vie.

Il planifie sa vie et sa future carrière en la calquant sur celle de musiciens iconiques au lieu de le faire sur les milliers de musiciens pro non connus et est donc toujours en retard, toujours en train de courir comme un hamster dans une roue qui va clamser d'une crise cardiaque.
C'est souvent un âge où les couples et la situation financière sont instables, mais on a beau lui suggérer de bosser la pédagogie pour asseoir son métier de prof d'instrument et ensuite lancer sa carrière de musicien de scène, non, il veut souvent sauter dans le ravin tout de suite en essayant d'atteindre les étoiles.

C'est en général un élève très studieux mais qui arrête les cours subitement à pile-poil 6 mois ou 1 an (comme si il s'était fixé un objectif court et n'avait donc pas compris le principe d'un cursus long où on fait un gros travail de fond) pour raisons de temps et/ou de finances tout en vous remerciant de ce que vous lui avez transmis.

Monsieur ou madame tout-le-monde bosseur

Monsieur ou madame tout-le-monde bosseur est un profil de personne qui n'a pas de souhait extravagant par rapport à son devenir musical, c'est souvent un père ou une mère de famille avec un métier et passionné de musique qui arrive à s'organiser pour travailler son instrument correctement à la maison et qui s'éclate en venant en cours. Certains jouent dans un groupe qui fait des concerts régulièrement dans la région.

Ces personnes sont en général plus stables dans leur apprentissage que l'ado hyper motivé / passionné et le jeune musicien pro qui ont tous deux tendance à partir dans tous les sens, ils progressent plus lentement que les deux autres mais restent plus lontemps en cours et vous pouvez donc leur transmettre plus de savoir.

En général ces personnes n'ont pas le temps d'aller chercher d'autres infos ailleurs donc reflètent purement votre pédagogie comme un miroir ce qui vous permet de repérer des petits éléments qui clochent dans votre cursus et d'améliorer votre enseignement pour eux et tous les autres élèves.

L'influençable

L'influençable est un profil qui peut être facilement découragé par :
- Les critiques de gens qui n'y connaissent rien
- Les proches qui lui demandent tout le temps pourquoi il prend des cours ou pourquoi il le fait depuis si longtemps (alors qu'eux ne font rien)
- Les vidéos courtes truquées de musiciens sur les réseaux sociaux
- L'ami qui a été musicien mais dénigre tout
- Les vidéos ou solutions "miracles" qui ne nécessitent pas de travailler (avec retour de l'être aimé, arrêt du tabac et guérison de maladies graves)
- Le pote qui prend des cours ailleurs et bosse déjà sur le morceau le plus difficile du monde au bout d'un an (ça doit être moche à écouter mais bon)
- Les chtit' n'enfants prodiges à la télé ou sur internet
- Les histoires à dormir debout avec des musiciens qui ont "appris tout seul" alors que leurs parents étaient tous les deux profs d'instrument.
- Les gens qui jouent depuis moins longtemps qu'eux et font un truc super impressionnant (en ne sachant faire que ça mais bon ça c'est un détail 🙄)

Bref... C'est un profil avec lequel il faut souvent discuter pour rassurer et lui faire comprendre l'état des choses, dans de rares cas le prof ne peut vraiment rien faire pour le sauver.

Le "hit and run"

Le "hit and run" est assez rare mais toujours marquant pour le prof, c'est un profil de personne qui s'est mis un objectif assez bas, en général sans en parler au professeur et qui arrête les cours subitement une fois son objectif atteint.

Cela semble lié avec des idées reçues du genre "si tu peux faire ça ensuite tu peux te débrouiller tout seul", on peut avoir :
- L'ado qui arrête les cours dès qu'on commence à travailler les barrés
- L'ado qui arrête les cours juste après la première répet de son tout premier groupe
- Le retraité qui te tanne pour jouer un morceau qui n'est pas à son niveau, tu lui réponds qu'on doit le voir plus tard et qu'il y a pas mal de choses à voir entre deux pour monter en niveau, il te dit dans un deuxième temps que c'est pour le jouer à l'anniversaire de sa fille donc tu finis par céder et bricole une adaptation présentable pour lui, il fait sa représentation et le cours suivant il te dit "J'ai atteint mon objectif, j'arrête les cours", pour ensuite te demander des conseils par courriel quelques mois plus tard. 😂

Le pas sûr de lui ou "la torture"

Le pas sûr de lui est un élève qui lorsqu'il travaille un exercice ou un passage en boucle pour le perfectionner et que vous relâchez l'attention (rester concentré sur chaque note, rythme d'un élève qui joue en boucle est très fatiguant, il faut parfois relâcher l'attention pour se reposer) va pile poil à ce moment vous demander "Et là c'était mieux ?" 😂 Personnellement ça me fait penser à la technique de torture où on empêche quelqu'un de dormir en lui faisant tomber des gouttes sur le front... Bon, en général on en rit.

Les enfants et leurs parents

Bon, les enfants sont des enfants c'est pas un scoop, leur vie est encore beaucoup tournée vers le jeu et ils ont du mal à rester concentrés longtemps sur le cours d'instrument, la solution pour n'être ni une garderie (cours où on n'apprend rien) ni un tortionnaire (cours qui empêche l'esprit de s'évader) c'est d'être à l'écoute de l'enfant, quand il commence à raconter sa vie il faut l'écouter et dialoguer avec lui/elle, en général cela ne dure qu'une trentaine de secondes et l'élève est ensuite plus concentré pour reprendre l'exercice, idem si vous voyez vers les 3/4 du cours que les doigts commencent à faire n'importe quoi (déconcentration), c'est à vous d'intitier un dialogue qui va durer quelques dizaines de secondes et vous constaterez au moment de la reprise de l'exercice que la concentration est (au moins un peu) revenue.
Le temps maximum de concentration durant une séance de travail augmente avec le temps et la pratique et c'est aussi vrai pour les adultes débutants.

Les parents :
Depuis à peu près 2015 il y a eu un changement d'attitude des parents (nouvelle génération de parents) avec des gimmicks qui reviennent beaucoup :

- Laisser à l'enfant le libre choix d'arrêter une activité : Les précédentes génerations de parents utilisaient des astuces quand l'enfant souhaitait arrêter une activité, du style "on a payé, finis l'année, après on verra", "ce serait bien que tu joues un morceau pour l'anniversaire de tata Monique", n'importe quoi qui puisse faire l'affaire le temps que l'enfant oublie qu'il a émis l'envie d'arrêter ou reprenne du goût pour l'instrument. Cela évite les cas de zapping d'activités où un enfant va faire 6 mois de judo, 6 mois de guitare, 6 mois de danse, etc, et ne pas avoir le temps de construire des capacités ou des souvenirs pour sa future vie d'adulte.
Cela semble lié à un culte du don où on fait essayer plein d'activités à son enfant en pensant qu'une activité va révéler un don fantastique qui va envelopper son enfant dans un arc-en-ciel de lumière l'élevant jusqu'au firmament... Non... Pour maîtriser quelque chose il faut y passer du temps.

- Laisser l'enfant travailler seul :
C'est quelque chose qui personnellement me choque, un enfant lors d'un cours d'instrument doît être constamment balladé par le prof entre des périodes studieuses et des moments de mini discussion/détente pour que le cours soit à la fois efficace et agréable, un enfant seul dans sa chambre va décrocher très vite niveau concentration et aucun adulte ne sera à coté de lui/elle pour lui faire penser à autre chose pendant quelques secondes et ensuite le faire revenir à son exercice, et ça n'est pas parce que vous entendez des notes de musique venant de sa chambre que l'enfant est forcément concentré sur ce qu'il fait. Être à côté de son enfant lorsqu'il travaille son instrument peut également aider l'enfant à comprendre que ce qu'il fait a de l'importance, resserrer les liens familiaux et la complicité, je sais que beaucoup de gens vont trouver l'excuse qu'ils n'ont pas le temps ou qu'ils n'y connaissent rien à la musique, mais bon... Après il y a pire : Les parents qui achètent un instrument à leur enfant et les laissent se débrouiller sans cours grâce à la magie du Saint-Esprit.

Les parents doivent-ils assister au cours ?
Ma réponse est de toujours leur laisser le choix mais je vous donne le pour et le contre :

- Pour :
- Les parents qui ne sont pas très pédagogues ou pas très musiciens peuvent s'inspirer de ce que vous faites pour le reproduire à la maison ou tout simplement suivre l'évolution de leur enfant.
- Avoir un autre adulte dans la pièce plutôt que d'être seul avec l'enfant peut vous protéger de certaines accusations de parents zinzins (euh on se prévient de ça les uns les autres quand on forme des autres profs mais il faut vraiment avoir l'inverse de la chance d'un gagnant à l'euromillions pour subir ça).

- Contre :
- J'ai eu des cas de papas anti-pédagogues, là où je laisse l'enfant respirer en lui signalant une erreur qu'il fait seulement au bout de la 3e fois, j'ai eu dans la pièce des pères qui signalaient immédiatement la moindre erreur à leur enfant de façon brutale et quelquefois accompagné de paroles rabaissantes (un peu comme quelqu'un qui regarde un match de foot "OOOH NOOON KESSTUMFéLà !"), à chaque fois c'était particulièrement pénible pour moi et l'enfant.
- Les moments de mini discussions qui servent à relancer la concentration sont plus difficiles à faire avec un des parents dans la pièce, mais bon ça dépend du caractère de la personne qui assiste au cours.
- Certains enfants peuvent passer leur temps à essayer d'interagir avec leur parent pendant le cours à tel point que vous avez l'impression de les déranger en faisant votre boulot de prof.
- L'enfant est pour son développement à cet âge censé apprendre à faire des activités sans ses parents et à interagir (dialoguer) avec d'autres adultes.

Conclusion

Comme pour mon article sur les profs il s'agit de clichés et rien n'est grave si une personne adopte une fois une de ces attitudes (les négatives j'entends) lors d'un cours, ça peut même être plutôt drôle. 😉
Le but de cet article est aussi de démontrer comment certaines personnes peuvent se faire des auto-croche-pattes en adoptant une façon de penser qui n'est pas propice à apprendre et à progresser et de partager mon expérience avec des profs plus jeunes.

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